Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée, de Collectif

Cocktail Sugar et autres nouvelles de Corée, de Collectif (ZULMA) — ISBN-13 : 9782843045691 — 381 pages — 22,40 € — Genre : Femme, femme, femme. ✮✮✮✮✮

sugar

Voici un livre qui touche deux actualités récentes (la journée de la femme et le Salon du livre de Paris avec la Corée comme pays invité d’honneur) puisqu’il s’agit d’un recueil de nouvelles rédigées par huit femmes de lettres reconnues en Corée… Comme le dit la maison d’édition Zulma, ce recueil de nouvelles contient « huit regards de femmes sur la Corée d’aujourd’hui ». J’aurais dû vous proposer cette critique avant le Salon du livre, mais je n’y avais pas pensé et je remercie ‘vy de l’avoir fait pour moi.

Il est très difficile d’écrire une critique pour un recueil de nouvelles, car les histoires sont souvent inégales, et afin d’être précis il faudrait disséquer tous les textes, sauf que cela prendrait énormément de temps… Dans ce recueil de nouvelles, le travail du critique amateur est d’autant plus compliqué que les textes sont écrits par des auteurs différents. Toutefois, si je ne devais retenir qu’un texte ce serait le premier… Effectivement, dans « le couteau de ma mère », de Kim Ae-ran, la narratrice se souvient de sa mère. Ainsi, l’auteur dépeint de manière fort belle des moments simples de son quotidien qu’elle passa auprès de sa mère, une cuisinière fière qui manie admirablement bien le couteau. L’histoire est émouvante et tendre. J’ai vraiment été touché par cette histoire qui raconte par quelques touches certains instants de la vie d’une mère forte et dévouée, mais d’un père faible… D’ailleurs, il sera très peu question de l’homme de la maison, bien qu’ici, ce soit la mère qui tient ce rôle. Rien que pour cette histoire, ce recueil de nouvelles vaut le détour. Et aussi pour la seconde, un texte poignant sur le quotidien d’une femme battue, par un mari haut fonctionnaire.

« Le tranchant du couteau de ma mère avait hérité de la tranquille assurance de ceux qui ont passé leur vie à faire à manger aux autres. Pour moi, ma mère était une femme ni pleurnicharde, ni coquette, ni soumise, elle était celle qui avait toujours un couteau à la main. Belle, rayonnante de santé, elle est incapable d’engloutir des eomuk, cette pâte de poissons qu’on mange sur les trottoirs, même lorsqu’elle s’était mise sur son trente et un. »

Ainsi, ce recueil de nouvelles m’a beaucoup plu, même si certaines histoires m’ont moins intéressée que d’autres, j’ai dans l’ensemble été enchanté. Le style est simple, littéraire, jamais compliqué et les près de 400 pages passent vraiment très vite. À travers les différentes histoires, on découvre la société coréenne et la place de la femme dans celle-ci. Effectivement, sur les huit récits, sept ont une femme comme personnage principal. Il y a la mère dévouée, la femme battue, l’épouse adultère, la gynécologue, et cetera. La plupart des nouvelles sont tristes et désenchantées, mais on retrouve aussi quelques moments d’humour. Quoi qu’il en soit, toutes ces femmes de lettres portent un regard franc et sans ambages sur leur pays. Après ma lecture, j’ai eu la sensation que la société coréenne était tout aussi machiste que celle du Japon. La femme coréenne est avant tout une épouse dévouée et cependant aussi par certains côtés, celle-ci est forte et indépendante. Ce que j’écris peut sembler paradoxal, mais c’est exactement ce que j’ai ressenti après la lecture de ce recueil de nouvelles. Qu’en est-il réellement ? Je ne saurais vous le dire avec certitude… Avant de conclure, voici la liste des différents auteurs de ce recueil de nouvelles : Eun Hee-kyung, Han Gang, Go Eun-Ju, Jon Gyong-nin, Kim Ae-ran, Oh Jung-hi, Pak Wanso, Park Chan-soon.

Qui connaît la société coréenne et que pouvez-vous m’en dire ? Avez-vous profité du Salon du livre pour vous procurer des livres d’auteurs coréens et ainsi en apprendre plus sur la littérature du pays au matin calme ? Peut-être avez-vous des livres coréens à me conseiller ?

(14 commentaires)

  1. J’ai sur mes étagères Le vieux jardin, de Sok-Yong Hwang. Je l’avais acheté après avoir vu le film qui m’avait beaucoup plu (les critiques du livre étaient bonnes aussi), il m’attend. Je connais mieux le cinéma coréen que la littérature. Et aussi je m’étais régalée à visionner la série Vampire Prosecutor où fantastique et humour se font la part belle.

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  2. Découvrir la Corée à travers 8 textes de femmes, même inégaux, une bonne initiative.

    Je ne connais que Hwang Sok-Yong, qui montre une vision de la Corée plus politique, et de sa frontière Nord-Sud.
    Mais aussi Lee Seung-U, des textes magnifiques et très poétiques.

    http://leranchsansnom.free.fr/?tag=hwang-sok-yong
    http://leranchsansnom.free.fr/?tag=lee-seung-u

    Comme à un moment donné la littérature japonaise, puis la chinoise, les romans coréens vont trouver leur public et leur traduction française.

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    1. Merci pour tous ces liens… J’irai voir ça très vite. Effectivement, j’espère que le salon du livre aura donné le coup de pouce mérité à la littérature coréenne…

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  3. Alors, une visite au Salon du livre? Merci de me faire connaitre cette littérature dont j’ignore tout… Je suis contente de découvrir un recueil de nouvelles rédigée par des femmes offrant au lecteur les paradoxes entourant leur identité…

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  4. Je n’ai même pas eu le temps de passer à l’espace consacré à la Corée le jour du salon où le temps file bien trop vite. En revanche, j’ai feuilleté quelques titres chez Zulma (éditions que j’adore) mais n’ai pas repéré celui-ci.

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