Lenz, de Georg Büchner

Lenz, de Georg Büchner (VAGABONDE) — ISBN-13 : 9782951906365 — 120 pages — 14,20 € — Genre : Torturé. ✮✮✮✮✮
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Après avoir lu « Lenz » de Georg Büchner (aux éditions Vagabonde) dans le cadre de La Voie des indés 2016, je tiens à remercier Libfly, Aurélie et Marie ainsi que les différents éditeurs pour leur participation à cette opération.

Lenz ne se sent pas très bien, il a du vague à l’âme, il est tourmenté. Aussi, afin de soigner son mal de vivre Lenz le poète suicidaire s’en va, de l’autre côté de la montagne, rejoindre un ami pasteur. Celui-ci saura-t-il guérir son âme en peine ? Lenz le pense et l’espère, mais peu à peu ce dernier se noiera dans ses cauchemars, s’y perdra tel un fou qui ne distingue plus le réel de l’illusion. Aussi, l’apaisement tant attendu finira par devenir pour Lenz une essence invisible et inaccessible.

L’écriture de Georg Büchner est impressionnante de justesse. Comment un écrivain de 22 ans a-t-il pu parler de la souffrance et des tourments humains avec autant de maturité ? Je suis admiratif… La plume de Georg Büchner est troublante, on se sent happé par le personnage qui nous entraîne dans sa folie. Les délires psychiques de Lenz semblent si présents qu’ils finissent par envoûter le lecteur empathique. Pour notre plus grand plaisir, l’auteur alterne les phrases longues et les phrases courtes dans un style à la fois lyrique et poétique. Peut-on parler de « Lenz » comme d’un roman poème ? Assurément ! Cependant, je devrais dire « nouvelle », car « Lenz » n’est pas un roman, mais un court texte d’environ cinquante pages à l’incroyable densité et intensité.

« Il continuait à marcher, insensible, et le chemin lui était indifférent, tantôt ça montait, tantôt ça descendait, il ne sentait pas de fatigue, seulement parfois ça lui était désagréable qu’il ne puisse pas marcher sur la tête. Au début il y avait une pression dans sa poitrine quand la pierraille sautait comme ça, que la forêt grise se secouait sous lui et que le brouillard tantôt avalait les formes, tantôt dévoilait à moitié les membres puissants ; il y avait une pression en lui, il cherchait quelque chose comme des rêves perdus, mais il ne trouvait rien. »

Dans une très intéressante préface, le traducteur Georges-Arthur Goldschmidt explique la difficulté de traduire un texte ou la sonorité ainsi que la rime font partie intégrante de l’œuvre. Comment traduire une œuvre sans en trahir le sens, tout en sauvegardant la poésie des phrases ? D’ailleurs, il s’agit là d’une édition bilingue, où le texte original fait face à la traduction française. Malheureusement, je n’ai absolument aucune notion d’allemand… De plus, le travail éditorial des éditions « Vagabonde » se poursuit en postface dans une très intéressante explication de texte…

Publié un an avant la mort de Georg Büchner à l’âge de 23 ans, « Lenz » est une histoire inspirée de la vie de Jakob Lenz, dramaturge allemand né en Lettonie. Ce dernier fut un ami de jeunesse de Goethe ainsi qu’un disciple d’Emmanuel Kant. « Lenz » est devenu sur le tard un classique de la littérature allemande du XIXe siècle.

« Lenz » est un très beau texte qui m’a subjugué… Je ne connaissais absolument pas l’œuvre de Georg Büchner emporté précipitamment par le typhus. Qui a déjà lu « Lenz » ? Qu’en avez-vous pensé ? Qui aime la littérature classique allemande du XIXe siècle ? Quel autre auteur allemand de cette époque pouvez-vous me conseiller ?

(17 commentaires)

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