Ecoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, de Haruki Murakami

Ecoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, de Haruki Murakami (BELFOND) — ISBN-13 : 9782714460691 — 326 pages — 21,50 € — Genre : Gros rat. ✮✮✮✮

flipper

Voilà enfin les deux premiers romans d’Haruki Murakami traduits et publiés en France. Ainsi, « écoute le chant du vent » et « flipper, 1973 » sont les titres des deux premiers tomes de ce qui est communément appelé « la trilogie du rat » et qui est plutôt une tétralogie puisqu’un quatrième et dernier volume vient clore cette série de livres. J’ai un peu hésité à acheter cet ouvrage, car j’espérais voir apparaître d’ici un an un volume avec l’ensemble des quatre titres et puis… Si j’ai de la chance, l’an prochain sortira un second tome avec les deux derniers titres de la tétralogie.

Haruki Murakami est l’un de mes écrivains contemporains préférés… Ainsi, je dirais que le style d’écriture d’Haruki Murakami est un savoureux mélange entre la plume de Paul Auster et celle de Kobo Abe. Ma remarque est peut-être erronée, mais je me suis fait cette réflexion tout de suite après avoir découvert Haruki Murakami en 2001 avec « la fin des temps ».

Dans le premier texte, nous suivons le quotidien du narrateur, un jeune étudiant en biologie qui ne donne jamais son nom. Il a 21 ans et il aime les Beach Boys. Ainsi, ce dernier nous parle de son ami « le rat », un amoureux de la bière, mais pas des livres ni de la gent féminine. Dans cette histoire, il y a aussi le barman, mais surtout la femme, celle que le narrateur a rencontrée par hasard dans les toilettes de son bar préféré, le « Jay’s Bar ». Comme bien souvent dans les livres d’Haruki Murakami il y a énormément de références culturelles, c’est ainsi que Tolstoï côtoie Michel Polnareff, Mickey Mouse, Beethoven et tant d’autres. Sans difficulté on s’attache à l’histoire ainsi qu’aux personnages, l’écriture est simple sans être simpliste et la préface (rédigée par l’auteur lui-même en 2014), nous en apprend un peu plus là dessus. Ainsi, bien que le texte soit très court on ressort de ce livre empreint d’une certaine mélancolie, nostalgie… Cependant, dans ce premier récit, bien que l’on retrouve avec beaucoup de plaisirs l’agréable style d’écriture d’Haruki Murakami, il manque la touche d’étrangeté, de surréalisme qui apparaît dans la plupart de ses romans. Je ne fais pas là une critique négative, mais simplement une remarque, d’autant plus que l’atmosphère fantastique que j’aime tant dans l’oeuvre d’Haruki Murakami va apparaître dans le second texte.

Dans le second livre, le narrateur, un traducteur qui travaille à son compte et qui s’intéresse aux flippers, vit avec des jumelles. Ce dernier reconnaît les deux soeurs à l’aide de leur t-shirt, l’un marqué du numéro 208 et l’autre de celui de 209. En parallèle à l’histoire du narrateur, on retrouve avec plaisir « le rat », mais aussi le barman du « Jay’s Bar » toujours fidèle au poste. On apprend qu’il est Chinois. Dans ce récit, le temps, la vie, les situations passent tandis que la mémoire s’efface comme une bille de flipper qui finit par se perdre…

« Ecoute le chant du vent » et « Flipper, 1973 » sont des romans très intéressant, mais mon roman préféré d’Haruki Murakami reste encore à ce jour « la fin des temps ».

J’ai parlé de surréalisme, mais je me demande si l’on peut qualifier l’oeuvre romanesque d’Haruki Murakami de surréaliste. Qu’en pensez-vous ? Aimez-vous cet auteur ? Quel est votre livre préféré d’Haruki Murakami ?

(29 commentaires)

  1. C’est marrant ce parallèle avec Paul Auster dont je n’arrive pourtant pas à dépasser les 30 premières pages de lecture.
    J’ai eu un vrai coup de foudre pour Kafka sur le rivage et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin avec Murakami. D’autres titres de lui à me conseiller toi qui l’aimes tant? (En dehors de La fin des temps que je m’empresse de noter.)
    Pour le côté surréaliste, je l’ai trop peu lu pour le classer dans ce courant. On sent bien ce souffle-là mais pas assez à mon goût malgré tout.(Et heureusement d’ailleurs.)

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      1. Après le tremblement de terre est sur mes étagères. C’est parfait !
        Pour Auster, j’avais voulu lire la trilogie new yorkaise avant mon séjour là-bas. Et j’avais essayé aussi Brooklyn Follies… Sans succès. Un livre de la dernière chance m’attend au cas où mais le titre m’échappe…

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  2. Il y a bien longtemps on m’avait conseillé des livres de cet auteur, et ta critique donne vraiment envie de s’y mettre. Les histoires ont l’air assez spéciales bien que très belles, et ça m’attire assez.
    Je n’avais jamais entendu parlé de « surréalisme » pour un écrivain, et adorant tout particulièrement les peintures de ce style, je devrais essayer, ça pourrait me plaire.
    Merci pour cette découverte !

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  3. J’ai eu davantage de plaisir à lire Paul Auster (du moins dans ses premiers livres) que Murakami. La fin des temps m’a laissée sur ma faim. Kafka sur le rivage, encore davantage. Par contre, j’ai carrément adoré L’autoportrait de l’auteur en coureur de fond. Sa description de l’entrainement au marathon donne une pêche d’enfer, on ressort de ce livre en se croyant capable de gravir ses propres montagnes. Un des mes livres préférés tout auteur confondu pour la force qu’il transmet.

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    1. Effectivement, tu as raison, avec Auster on est plus dans le symbolisme… Disons que je pensais plutôt à la construction des phrases à la fois courtes et simples pour raconter des histoires étranges comme dans les livres de Kobo Abe.

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  4. De mon côté, j’ai adoré 1Q84 et je continue de recommander cette trilogie à mes proches. J’ai aussi lu Les amants du Spoutink (j’aime bien le titre). Murakami est un génie de la toile… Il sait comment en tisser une, finement, devant les yeux du lecteur. À la toute fin, le lecteur comprend la complexité qui est déployée devant ses yeux. C’est mon humble avis et je ne suis pas une experte de cet auteur…Pour Paul Auster, je ne me souviens pas d’avoir lu un livre de lui.

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  5. Je ne pense pas que surréalisme soit approprié pour cet écrivain. Plutôt Occidentalisme ! De lui, j’en reste à Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, comme à la Trilogie New Yorkaise pour Auster. Je trouve que les deux vont bien ensemble effectivement. Pour le japonais, je lui préfère son presque homonyme Riu.

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  6. J’ai découvert Haruki Murakami avec La course aux mouton sauvage. J’avais adoré. J’adore encore puisque j’ai du le lire 3 fois. Ce bouquin me parle m’interpelle, me transporte. Alors quand j’ai vu que ENFIN les premiers volumes de ce qui est la trilogie du Rat allaient sortir, je me suis dit, celui-là je l’aurai un jour !

    Ensuite j’avais enchainé presque aussitôt avec La Fin des Temps. Adoré aussi. Puis, il y a eu… et encore… puis… je ne me souviens plus de l’ordre dans lesquels je les ai presque tous enchainé. Je suis effectivement un inconditionnel de l’auteur. Il n’y a que sa trilogie 1Q84 que je n’ai pas abordé, plus par manque de temps de prendre ces trois volumes d’un coup que par envie.

    Et comme je suis également un inconditionnel de Paul Auster, la comparaison entre les deux auteurs s’est faite également pour moi. Ils ont cette même plume, je trouve.

    Une bière, un disque de jazz, et un livre de Murakami, voilà une soirée bien remplie !

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  7. Hariki Murakami mon préféré parmi les contemporains japonais avec Yoko Ogawa (remarquable Petit joueur d’échecs).
    Je n’ai pas encore lu ces deux titres récemment traduits mais cela ne saurait tarder.
    Surréalisme, sans doute… étrangeté parallèle, dissidence réaliste aussi.
    La Course au mouton sauvage m’a laissé une impression vivace, tout comme Danse, danse, danse:
    « – Danser, répondit l’homme-mouton. Continuer à danser tant que tu entendras la musique. Tu comprends ce que je te dis ? Danse ! Continue à danser. Ne te demande pas pourquoi. Il ne faut pas penser à la signification des choses. Il n’y en a aucune au départ. Si on commence à y réfléchir, les jambes s’arrêtent. Et si tes jambes s’arrêtent de danser, moi je ne pourrais plus rien faire pour toi. Tous tes liens disparaîtront. Pour toujours. Et tu ne pourras plus vivre que dans ce monde-ci, de ce côté. Tu seras aspiré par le monde d’ici. C’est pour ça qu’il ne faut pas t’arrêter. Même si tout te paraît stupide, insensé, ne t’en soucie pas. Tu dois continuer à danser en marquant les pas. Et dénouer peu à peu toutes ces choses durcies en toi, un tout petit peu au début. Ce n’est peut-être pas encore trop tard. Utilise tout ce que tu peux. Fais de ton mieux. Il n’y a rien dont tu doives avoir peur. Tu es fatigué, c’est sûr. Tu es fatigué et tu as peur ? Ca arrive à tout le monde. Tu as l’impression que tout va de travers, que le monde entier se trompe. Et tu t’arrêtes de danser…
    Je levai les yeux et contemplai l’ombre sur le mur.
    — Mais il n’y a rien d’autre à faire que danser, poursuivit l’homme-mouton. Et danser du mieux qu’on peut. Au point que tout le monde t’admire. Si tu fais ça, alors peut-être pourrai-je t’aider moi aussi. Voilà pourquoi il te faut danser. Danser tant que la musique durera. »

    Je n’aurais mieux su exprimer ma propre conception de l’existence!

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  8. Mélancolie et nostalgie en effet à l’issue de Ecoute le chant du vent. Plus qu’aucun autre ouvrage de cet auteur, je trouve que le récit se constitue de tout ce qui n’est pas écrit, laissé en suspens, et que les lecteurs peuvent poursuivre à l’envi.
    Flipper à mon avis évoque doucement la perte (amours, amitiés, passions de jeunesse): mort de la petite amie (Nakao), suicide du Rat, adieux au flipper préféré dans une incroyable scène de retrouvailles, départ des jumelles… J’ai le sentiment qu’à la fin, il ne reste que le narrateur, mûri par la vie et prêt à l’accueillir.

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