La marraine du sel, de Maurice Fourré

La marraine du sel, de Maurice Fourré (L’ARBRE VENGEUR) — ISBN-13 : 9782916141565 — 228 pages — 13,20 € — Inclassable. ✮✮✮✮✮

fourre

Il y a des livres comme ça qui me collent à la peau pendant des jours et des jours, il y a des livres comme ça que je ne vais pas oublier de sitôt, il y a des livres comme ça qui m’obligent à lire un essai juste après, au lieu d’un roman, afin de garder ce sentiment bizarre que je n’ai pas envie d’oublier, comme le premier baiser reçu d’un gamin amoureux pour la première fois… Depuis, j’essaye de me souvenir comment j’ai entendu parler de l’écrivain Maurice Fourré que je découvre avec ce roman (La marraine du sel), et qui est, me semble-t-il, le seul actuellement disponible de cet auteur.

Ce dont je suis sûr et certain, c’est que je n’ai pas découvert Maurice Fourré en fouillant sur le site de l’éditeur, chose que je fais pourtant de temps en temps, car L’Arbre vengeur est une maison d’édition que j’apprécie tout particulièrement et grâce à laquelle j’ai pu lire des livres extraordinaires. Je ne retrouverai probablement jamais comment j’ai entendu parler du livre : « La marraine du sel ». Il faudra que je me fasse à cette idée… Assez parlé de moi et de mes folles interrogations.

Qui est donc Maurice Fourré ? Avant toute chose, sachez qu’il existe une association des amis de Maurice que je vous invite à découvrir en cliquant ici. Ainsi, ce dernier était un écrivain français né à Angers en 1876 et mort toujours dans la même ville en 1959. La page Wikipédia, assez pauvre, consacrée à l’auteur dit que Maurice Fourré est l’un des écrivains français les plus singuliers de la littérature moderne. Certes, mais cette affirmation ne veut pas dire grand-chose… J’aurais plutôt dit que Maurice Fourré est un écrivain déroutant, car ses textes le sont, mais j’y reviendrai plus tard. Ce qu’il faut surtout savoir, c’est que l’écrivain Maurice Fourré n’a jamais été très populaire puisqu’il ne fut découvert que dix ans avant sa mort par André Breton et que malgré une bonne presse le public n’a jamais vraiment suivi. Quoi qu’il en soit, Maurice Fourré a écrit cinq romans dont un est resté inachevé. Le livre que j’ai lu (La marraine du sel) est son deuxième roman. Que dire d’autre sur Maurice Fourré si ce n’est qu’on le range dans la catégorie des écrivains surréalistes et qu’il est comparé à André Hardellet. Je connais un peu André Hardellet, car j’ai lu cinq de ses livres, mais comme je n’en ai lu qu’un de Maurice Fourré… Ce que je peux dire, c’est que j’ai trouvé « La marraine du sel » plus complexe que tous les livres que j’ai lus d’André Hardellet. Avant de poursuivre voici un extrait :

« Toujours voluptueuse et aimante parmi les pudeurs du cœur, elle n’était parée que pour toi. Sans cesse frémissante à ton contact, elle portait ta pensée, ton image, toi-même, ton âme et tes égarements, ta vie, tes charmes changeants, dans tout son être vieillissant. Quand tu étais trop longtemps absent, elle devenait folle. Ses heures de solitude étaient des univers d’inquiétude et de désir. Quand tu revenais à elle, c’était un nouveau délire. Elle courait à toi comme une petite fille ou comme une tuée d’amour, demandant à mourir plus encore ou à vivre mieux toujours… »

De quoi parle le roman « La marraine du sel » ? Ainsi, l’histoire de prime abord paraît simple puisque le thème central du livre est l’agonie de Mariette Allespic vécue par son amant (Clair) qui comprend que sa maîtresse était coupable de meurtre. Mariette Allespic est donc une ancienne empoisonneuse qui a tué son mari et dont la fille (Florine) est coupable de s’être tue. Cependant, le livre possède plusieurs niveaux de lecture que je ne vais pas développer ici, car je ne suis pas certain de les avoir tous perçus. Certes, le livre raconte l’histoire d’une passion amoureuse, mais il parle aussi de haine et d’amertume et de bien d’autres choses. Pourtant, l’intrigue importe peu, car ce qui fait la force du livre, c’est l’écriture poétique de Maurice Fourré. La marraine du sel est un véritable « roman-poème », l’expression n’est pas de moi, mais elle est tout à fait exacte. Ainsi, le lecteur que je suis a été bousculé, décontenancé, perturbé par le style d’écriture de Maurice Fourré, mais au final cette lecture (pas des plus faciles) m’aura intrigué, enchanté et subjugué. J’en reste presque sans voix… Pour ceux et celles qui souhaitent en apprendre plus sur ce livre, je vous invite à lire cet excellent dossier (https://dossiersgrihl.revues.org/5993). Qui a lu Maurice Fourré ? Qu’en avez-vous pensé ? Peut-on vraiment parler de Maurice Fourré comme d’un écrivain surréaliste ? Je suis impatient d’avoir vos avis…

(13 commentaires)

  1. Merci… Je ne connais pas cet écrivain… J’adore la citation que tu nous offres… Je vais tenter de faire des recherches pour trouver ce livre car ton billet me donne envie de connaître cet auteur… En plus, un « roman-poème »! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Il y a des livres comme ça qui vous donnent très vite envie sans jamais en avoir entendu parler.
    Il y a des articles comme ça qui parviennent à vous convaincre dès les premières lignes.
    Il y a des blogueurs comme toi, qui sont vraiment de très bons conseils.

    Aimé par 1 personne

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