Mythes et paradoxes de l’histoire économique, de Paul Bairoch

Mythes et paradoxes de l’histoire économique, de Paul Bairoch (LA DÉCOUVERTE) — ISBN-13 : 9782707148407 — 260 pages — 11,50 € — Genre : Mythes économique. ✮✮✮✮

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Avec ce premier article de l’année, j’en profite pour souhaiter à tous mes lecteurs une très bonne année 2016. J’étais un peu absent ces 15 derniers jours, mais je vais reprendre mon rythme de croisière avec au pire une critique par semaine.

Cela fait de nombreuses années que j’ai noté ce livre (Mythes et paradoxes de l’histoire économique) de Paul Bairoch dans ma liste à lire et finalement le moment de l’achat est arrivé.

Tout vient à point à qui sait attendre et moi j’ai attendu sept ans. Parfois, à force de patienter il m’arrive de ne plus pouvoir acheter le livre noté, car en rupture de stock. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas ici pour cette excellente thèse économique publiée en 2005 aux éditions La découverte. Aussi, de temps à autre je consulte le catalogue de la découverte, une maison d’édition spécialisée dans les essais, et je me souviens que le début du titre « mythes et paradoxes » m’avait interpellé. Comment ne pas l’être ?

Pour ce qui est de l’auteur, je ne le connais pas, mais j’apprends que Paul Bairoch était un historien économiste belge (né à Anvers en 1930 et morts à Genève en 1999). Il fut entre autres choses professeur d’histoire économique à l’université de Genève. Un universitaire donc, alors je peux comprendre que le jargon universitaire puisse en rebuter plus d’un, mais je n’ai pas trouvé ici le vocabulaire particulièrement abscons. Alors certes ce livre contient énormément de chiffres, de tableaux et graphiques en tout genre, mais pour ma part les démonstrations faites par Paul Bairoch sont limpides. Je dirais même clair comme de l’eau de roche. Bien entendu, certaines démonstrations sont techniques, mais elles sont toutes facilement compréhensibles… D’une manière générale, j’aime les thèses, car les argumentations chiffrées sont souvent très solides. Pour tout vous dire, j’ai fini le livre en deux jours. Sans plus attendre, voici la présentation que fait l’éditeur sur le livre :

« Certains mythes économiques ont la vie dure. L’idée du XXe siècle comme paradis du libre-échange, ou celle d’une prospérité de l’Occident bâtie sur le pillage des colonies confortent ainsi bien des enthousiasmes ou des indignations. Mais elles ont l’inconvénient majeur d’être totalement fausses. Paul Bairoch, spécialiste renommé de l’histoire économique, entreprend dans cet essai à la fois alerte et richement documenté de démolir une vingtaine d’idées reçues de la même veine, sans égard pour leur coloration idéologique ».

Je ne vais pas revenir ici sur la vingtaine des mythes et paradoxes que démonte l’auteur, mais le thème central, car il y a tout de même un thème central, traite surtout de la question du protectionnisme et du libre-échange. À mon sens, l’auteur ne défend pas un modèle économique par rapport à l’autre, mais il explique qu’il peut y avoir du bon dans le protectionnisme comme dans le modèle du libre-échange. Ainsi, Paul Bairoch commence sa démonstration en analysant le krach de 1929 et la grande dépression. Puis, l’auteur se demande si le libre-échange a toujours connu un âge d’or en Europe et si l’impact du protectionnisme fut toujours négatif, etc., etc. Il y a entre autres un second grand chapitre particulièrement intéressant intitulé : « Les grands mythes sur le rôle du tiers monde dans le développement occidental ». Personnellement, ce livre m’a énormément intéressé. Par conséquent, je me demande si l’histoire économique ne devrait pas être une matière universitaire obligatoire. Les économistes, banquiers et dirigeants du monde ont, je trouve, la fâcheuse tendance à toujours répéter les mêmes erreurs que par le passé. Erreurs qui entraînent toujours les mêmes effets ! Quod erat demonstrandum ! Pourtant, étudier son passé permet de ne pas persister sur la mauvaise route… Qu’en dites-vous ? Que pensez-vous des essais économiques d’une manière générale ?

(17 commentaires)

  1. Ton article me fait remonter quelques années en arrière lorsque je passais mon bac ES : « protectionnisme », « libre-échange », « krach » etc. des mots que je mangeais à longueur de journée et qui me manquent un peu aujourd’hui… Je suis d’accord avec toi il faudrait certainement davantage enseigner l’histoire de l’économie, cela me parait essentiel pour comprendre le monde dans lequel on vit !

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  2. Je ne suis pas du tout amateur de livres sur l’économie mais j’avoue aisément que j’ai tort sur ce point. Être plus à même d’en comprendre les ressorts doit permettre aussi de mieux saisir les motivations et les manipulations d’une certaine élite.

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  3. Bravo pour ce partage de lecture! Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il faut se pencher plus sur le passé pour comprendre le présent. D’ailleurs, la devise au Québec est : « Je me souviens »… Nous avons tendance à oublier. Intéressant en effet les essais économiques! J’aime bien les paradoxes. Au plaisir!

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  4. Avant d’entrer en fac de lettres, j’ai passé un Bac ES. J’avais un prof passionnant qui aurait pu me faire lire n’importe quel essai économique. La littérature m’a rattrapée. Et je vais bien plus facilement vers elle que vers ce type d’écrits désormais.

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  5. J’avoue que si je n’avais pas le cerveau aussi en compote en ce moment, ça m’intéresserait beaucoup de lire cet essai. Je n’ai découvert l’économie qu’il y a que quatre ou cinq ans (notamment au travers de l’intelligence économique en classe de géopolitique).
    C’est passionnant de découvrir ce domaine qui, plus que de la concentration, demande surtout du bon sens. Merci pour « la découverte »! 😉 Je n’ai pas résisté au jeu de mot!

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  6. C’est le genre de sujet fascinant – et nécessaire comme tu le dis – mais que je suis incapable d’amorcer seule. Comme pour la philo, j’ai besoin, si ce n’est d’un professeur, du moins d’un interlocuteur. De la maïeutique de Socrate… Je pense comme toi qu’elle est une de matières qui devraient être obligatoire pour mieux comprendre le monde qui nous entoure et envisager plus efficacement et humainement l’avenir.
    Mais après tant d’année, le livre n’est-il pas un peu dépassé ?

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    1. À mon sens, il n’est pas dépassé, le passé étudié sert à mieux comprendre l’avenir et le passé est le passé… Je ne suis pas économiste, mais c’est ce que je perçois… D’ailleurs, les économistes d’aujourd’hui théories à partir des économistes d’hier et ainsi de suite.

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