L’histoire de ma vie, de Henry Joseph Darger

L’histoire de ma vie, de Henry Joseph Darger (AUX FORGES DE VULCAIN) — ISBN-13 : 9782919176335 — 144 pages — 19 € — Genre : Ma vie. ✮✮✮✮✮

drager

Après avoir lu « L’Histoire de ma vie » de Henry Darger (aux éditions Aux forges de Vulcain) dans le cadre de La Voie des indés 2015, je tiens à remercier Libfly et Aurélie ainsi que les différents éditeurs pour leur opération.

J’avoue qu’avant de recevoir ce livre je ne connaissais que très peu Henry Darger, qui est pourtant l’un des artistes naïfs les plus vénérés et admirés du XXe siècle selon l’éditeur Aux forges de Vulcain. Voici comment ces derniers présentent dans un résumé Henry Darger :

« Henry Darger est un des artistes les plus énigmatiques du xxe siècle. Il vécut reclus la majeure partie de sa vie, à Chicago. À sa mort, en 1973, ses logeurs découvrirent que ce vieil homme discret, en partie grabataire, avait donné naissance à une oeuvre monumentale de plusieurs dizaines de milliers de pages, illustrée de centaines de dessins et tableaux ».

Ainsi, cette « Histoire de ma vie », de Henry Darger publié aux éditions Aux forges de Vulcain, n’est qu’un court extrait d’environ 140 pages de l’autobiographie original qui en compte 5000 (de pages). Oui, vous lisez bien 5000 pages, j’ai aussi eu du mal à y croire, mais il n’y a pas d’erreur. D’ailleurs, je n’aurais probablement jamais demandé le livre s’il avait été proposé dans sa version complète. Aussi, dans cet ouvrage nous avons droit aux premières années de la vie de l’artiste Henry Darger, ce dernier nous parle de sa famille, de son père, de ces différents lieux de vie comme l’école, les hôpitaux et les institutions psychiatriques. Malgré tout, l’histoire n’est pas linéaire et c’est ce qui fait la force du livre, car on ne s’ennuie pas un instant et en fin de compte j’ai trouvé les 140 pages trop peu nombreuses. Le lecteur est sans cesse ballotté entre le passé et le futur, le récit peut sembler fouillis alors qu’il ne l’est pas, bien au contraire. Effectivement, je l’ai trouvé franc et direct, un vrai régal. De plus, après 140 pages j’aurais aimé en savoir plus et maintenant les 5000 pages de l’autobiographie complète m’intriguent, mais fort heureusement la préface de Xavier Mauméjean m’a permis de mieux comprendre l’artiste. Qu’en est-il de la vie de l’auteur ? Eh bien, elle est stupéfiante et Henry Darger est un sacré personnage qui sait analyser certains faits de manière bien singulière. J’aurais aimé connaître le bonhomme. Cependant, je ne vais pas en dire plus pour ne pas vous gâcher le plaisir. Mais, sachez que je trouve le style littéraire de l’auteur très agréable avec des phrases courtes qui vont droit au but. Quelque part, il me semble que l’écriture de Henry Darger ressemble à celle de Marc Chagall dans son autobiographie au titre quasi identique : « Ma vie ». Cependant, le résultat final n’est pas le même puisque l’autobiographie de Henry Darger est explosive alors que celle de Marc Chagall est plus linéaire. Toujours est-il que les deux livres sont marqués par une certaine mélancolie et nostalgie même si je trouve que ces sentiments sont bien plus palpables dans le livre de Marc Chagall.

Je termine par quelques mots sur le travail de la maison d’édition. Aussi, je trouve le papier très agréable au toucher de même que j’apprécie le choix de la police de caractère. Je me demande de laquelle il s’agit… De plus, de nombreuses et magnifiques illustrations sur fond noir sont présentes dans ce très beau livre. Connaissez-vous les œuvres de Henry Joseph Darger et qu’en pensez-vous ?

(5 commentaires)

  1. Je ne connais absolument pas cet artiste, mais ton avis m’intrigue ! =) 5000 pages de d’autobiographie, c’est un sacré pavé, une brique, un monument et je trouve que c’est particulièrement intéressant de proposer une alternative à cette autobiographie, plus courte, afin de rencontrer le personnage.

    Aimé par 1 personne

  2. Le livre est intéressant. Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris a exposé nombre de ses dessins l’année dernière. La découverte de l’énorme quantité de dessins a inspiré à Jesse Kellerman, le roman Les visages, que j’ai beaucoup aimé. Je crois qu’on peut qualifier Darger d’artiste d’art brut plutôt que de naïf.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s